Mardi sur son 31
Mardi sur son 31 est un rendez-vous hebdomadaire organisé par Sophie, qui consiste à ouvrir le livre que l'on est en train de lire à la page 31 et de choisir une phrase réprésentative. Une manière sympathique de partager ses lectures !
En ce moment, j'ai plusieurs lectures en cours, parmi lesquelles Les enfants du Titanic de Elisabeth Navratil. J'ai revu le film de James Cameron dimanche en 3D et j'ai eu envie de me replonger dans l'histoire tragique du célèbre navire. Dans ce récit, le héros, Michel Navratil, accompagné de ses deux enfants, vient tout juste d'embarquer à bord du Titanic :
p. 31 "Les cheminées envoient vers le ciel un jet de vapeur digne d'un volcan et laissent échapper à intervalles réguliers un mugissement équivalent à celui de vingt cornes de brume résonnant toutes ensemble."
Top ten Tuesday #12
Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani. Aujourd'hui :
Les 10 livres que vous avez achetés à cause du titre ou de la couverture
Pour le titre :
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer
Métaphysique du chien de Philippe Ségur, chroniqué dimanche !
La Soupe de Kafka de Mark Crick, un pastiche en forme de recettes de cuisine, dans ma PAL !
Soeurs Chocolat de Catherine Velle, dans ma PAL
Contes à l'encre de la nuit, Thomas Owen, un joli titre énigmatique mais qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. A relire prochainement...
L'Homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle : un petit livre sympathique, qui met du baume au coeur.
Le Pays sans adultes, Ondine Khayat, un livre dur et poétique à la fois sur la maltraitance des enfants.
Pour la couverture :
Le Goût des pépins de pomme, Katerina Hagena ; j'ai eu du mal à entrer dans cette lecture mais j'en garde finalement un bon souvenir.
Contes macabres, Edgar Poe, un de mes auteurs fétiches !
Lait noir, Elif Shafak, dans ma PAL !
Métaphysique du chien, Philippe Ségur
Un roman curieux, tragi-comique, à l'écriture fluide, poétique parfois presque lyrique, mais qui laisse un arrière-goût morose...
Le roman commençait très mal pour moi, puisque je participe au challenge de Sharon Animaux du monde en raison de ma passion pour les animaux. Or, Paul, le narrateur du prologue, nous apprend qu'il a méticuleusement dépecé son chien pour le manger. Malgré les détails peu ragoûtants, j'ai poursuivi ma lecture et j'ai compris quelques pages plus loin, que Paul mange son chien par amour, pour s'imprégner de lui et de son « enseignement » (oui oui, on parle bien du chien !). J'ai donc pu poursuivre ma lecture plus sereinement ! Par la suite, c'est un narrateur omniscient qui nous présente des tranches de vie du quartier : l'histoire du chien Knult, le fameux chien cuisiné dans le prologue, puis Paul, l'étudiant qui a décidé de renoncer à la vie matérielle et conformiste pour une vie plus que frugale, en communion avec le chien : « Moi, le vagabond, le Robinson sans île, le déjà-moribond, j'éructe et j'exulte dans ma rage. Je vous en veux à tous. Je suis un moine ivre, un tabernacle ouvert, une statue sans tête. Je suis l'église vide à l'autel fracassé, le temple désaffecté au pavillon en deuil. Ma vie est mon cercueil. Il est parti mon Knult, mon seigneur et mon maître, mon Christ décomposé. Il est parti ce matin aux premières rosées. »
L'inspecteur Moskato quant à lui, sombre dans la mélancolie suite à la disparition de son caniche : « Il se rendait compte que cette bestiole minuscule, ce truc infinitésimal et geignard, avec ses petits riens, ses couinements, son appétit de goinfre, sa quête obsessionnelle de son os en plastique, avait pris dans sa vie une place considérable. » tandis qu'Ange Fraboli s'échine justement à enlever chiens et chats pour les revendre à des laboratoires. Au centre de ces allées et venues, quelques figures récurrentes : madame Estrouffigue qui semble posséder tout le quartier et poursuit ses locataires de son implacable sollicitude, le boucher Luciano et Véro, la vétérinaire, amoureuse de Paul.
C'est finalement un beau roman qui fait la part belle à la gent animalière, non sans ironie parfois, et n'est pas dénué de comique (Ange Fraboli est ridicule par exemple lorsqu'il se prend pour un séducteur ou encore lorsqu'il est à moitié assommé par une grand-mère qui veut lui reprendre son chien) mais qui ne m'a pas totalement convaincue...
« Vous avez perdu votre chien ?
- Oui, il y a six mois.
- Oh ! Mon Dieu !
- Pardon ?
- Comme c'est triste ! Vous l'aimez, n'est-ce pas ?
- Je le respectais.
- Vous aviez de l'admiration pour lui ?
- C'est peu de la dire.
- C 'était comme un frère, pas vrai ?
- C'était mon maître.
- Il vous a tout appris, j'en suis sûr.
- Je lui dois tout.
- Comme c'est dur de vivre sans lui !
- ça ne s'appelle plus vivre.
- C'est affreux !
- Plus rien n'a de sens.
- C'est atroce !
- Le monde est mort.
- Oh ! Seigneur !
- Le monde est mort.
- Que de douleur !
Les deux hommes s'interrompirent. Il se fixaient. Quelque chose de magique venait de se produire. »
Voici ma première participation au Challenge de Sharon
Les Fantômes du passé, le condamné du Titanic, Roger Seiter et Luc Brahy
J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique ; je remercie chaleureusement Babélio et les éditions Emmanuel Proust pour cet envoi.
L'originalité de cette bande dessinée consiste à réunir tous les ingrédients du genre policier dans un cadre historique devenu légendaire, celui du Titanic. Ce n'est pas tant l'aspect documentaire qui l'emporte, comme dans de nombreux récits consacrés au célèbre navire, mais plutôt l'atmosphère, une atmosphère inquiétante sur fond de crimes et de secrets.
Le récit débute le 5 avril 1912 à Londres, dans une ambiance victorienne à souhait, dans le quartier de Whitechapel, qui n'est pas sans évoquer Jack l'éventreur ; l'inspecteur américain McCoy procède à l'arrestation musclée d'un tueur en série, lui-même américain, Casper Vanhounde. Le 8 avril à Southampton, la journaliste Alice Launceston-Graves embarque à bord du Titanic pour rédiger un article sur les derniers préparatifs du voyage. Dans la nuit, Casper Vanhounde, qui doit être jugé aux Etats-Unis, est conduit dans une cellule à bord du paquebot ; le lendemain, c'est sa fiancée qui monte dans le navire dans l'espoir de le faire évader, ainsi que l'inspecteur Abberline, retraité mais visiblement intrigué par Lady Emily Bridgeman, de retour des Indes et amie d'enfance de la journaliste Alice ; cette dernière, qui a eu vent de l'affaire Casper Vanhounde, est bien décidée à publier un papier sensationnel... Tous les éléments sont réunis pour une croisière qui s'annonce mouvementée, sans même parler du naufrage. On côtoie également des figures devenues historiques comme le Capitaine Smith et Ismay, le directeur de la White Star Line. Le dessin à la fois réaliste et raffiné, les beaux plans d'ensemble restituent au Titanic son ampleur et sa majesté ; les vignettes qui se superposent à une image de fond pour souligner la continuité du lieu, la taille des vignettes, extrêmement variable d'un page à l'autre donnent à ce récit le dynamisme d'une séquence cinématographique.
Je regrette simplement que cette aventure se déroule en deux tomes parce que je suis restée sur ma faim et le tome 2 n'a pas encore été publié... Sinon, c'est une lecture que je recommande à tous pour frissonner à nouveau sur le Titanic.
Voici également ma première participation au challenge RMS Titanic organisé par Pauline.
Où en suis-je dans mes challenges ? #3

Il s'agit d'un rendez-vous bimensuel proposé par Isallysun. Le principe ? Venir faire le point sur l'avancée (ou non !!!) des challenges dans lesquels on s'investit...
Je suis pour ma part inscrite à une dizaine de challenges et je me raisonne pour résister à la tentation de participer à tous ceux qui me tendent les bras !
Je me suis inscrite à un nouveau challenge cette semaine, Faërie, organisé par Nastasia sur Livraddict ; j'ai terminé la lecture de Métaphysique du chien de P. Ségur pour le challenge Animaux du monde de Sharon (billet en cours de rédaction...) et j'ai lu Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus pour le challenge Eric-Emmanuel Schmitt de Nath. Enfin, première lecture pour le challenge Welcome to London de Meryl ... J'avance, j'avance... :-)
Challenge Chocoladdict organisé par Aaliz 2/2 Terminé

- le roman : Chocolat, Joanne Harris
- la recette : les mendiants
Challenge Gilmore Girls, organisé par Mon coin lecture 2/3 en progrès !

Des Fleurs pour Algernon, D. Keyes
Sa Majesté des mouches, W. Golding
Challenge Animaux organisé par Sharon 0/2 Première lecture terminée : Métaphysique du chien, P. Ségur (chronique en cours)

- Métaphysique du chien, Philippe Ségur
- L'Eléphant s'évapore, Haruki Murakami
Challenge des Notes et des Mots organisé par Anne 2/6 Un café avec Mozart en stand-by...
- K622 de Christian Gailly
- La Résurrection de Mozart, Nina Berberova
- Un Café avec Mozart, Julian Rushton
- Emporte-moi, Lissa Ivanovna, Claude Helft
- La Sonate à Kreutzer, Léon Tolstoï
Et deux films :
- Ludwig Van B., Bernard Rose, chroniqué le 8 janvier
- Tosca, l'adaptation cinématographique de l'opéra de Puccini

Challenge Eric-Emmanuel Schmitt, organisé par Un chocolat dans mon roman 4/7 Bilan : +1 lecture ces 15 derniers jours !
Inscrite dans la catégorie Fan de la première heure avec :
- deux romans (La part de l'autre et Ulysse from Bagdad)
- une œuvre du cycle de l'invisible : L'enfant de Noé
- un œuvre au choix : je poursuis ma découverte du théâtre de cet auteur avec le tome 2 de l'édition Le Livre de poche : Variations énigmatiques : Golden Joe - Le Libertin
- lecture commune le 30/04 : Ma part de l'autre
- une oeuvre lue fin décembre 2011 : Concerto à la mémoire d'un ange
- Les Dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus

Challenge Moyen-Age sur le blog de Hérisson 1/3 Rien de nouveau pour l'instant mais j'y pense...
- Je, François Villon de Jean Teulé
- Poésies, F. Villon
- Le passeur de lumière, B. Tirtiaux

Mon challenge, Mythologies du monde : pour l'instant, 1/??? Percy Jakson en cours de lecture...
Je prévoir de lire trois oeuvres dans les mois qui viennent mais j'aurai l'occasion (j'espère) de faire d'autres lectures puisque ce challenge est illimité...
- une lecture improvisée mais qui entre dans le cadre de ce défi : La fabuleuse découverte des îles du dragon, un album pour la jeunesse
- Percy Jackson de Rick Riordan,
- Les Dieux s'amusent de Denis Lindon
- Contes persans

Challenge 2 euros chez Cynthia 2/ ???
Un autre challenge qui me tient à coeur ; je possède un certain nombre de Folio 2 euros, d'autres lectures suivront donc...
- Au pied du sapin, recueil collectif

Un challenge illimité dans le temps sur un thème qui me semblait destiné puisque je suis prof de lettres classiques... La Rome antique, défi organisé par Soukee 3/??? Pas de nouvelle lecture pour l'instant...

Les Secrets de Pompéi, C. Lawrence, un roman pour la jeunesse
L'Emeraude du désert, C. Lawrence
Les Cavaliers de Rome, C. Lawrence
Je pense lire L'Art d'aimer d'Ovide, dont je fais lire des extraits à mes élèves et l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien (j'adore les différentes méthodes citées pour soulager les maux de dents par exemple, voilà qui promet d'être amusant !)
Challenge Littératures nordiques 1/3, organisé par Myiuki
- Ombres sur la prairie de Karen Blixen
- Contes d'hiver du même auteur
- Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf
Challenge Welcome to London, 1/3 par Meryl Un livre lu ces quinze dernies jours
- La Reine et moi, Sue Townsend
- des nouvelles de Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes, que j'adore
- Mrs. Dalloway de Virginia Woolf (abandonné il y a quelques années, j'espère me remettre le pied à l'étrier grâce à ce challenge...)
- la série Enola Holmes de Nancy Springer (auteur américain mais la petite soeur de Sherlock Holmes marche dans les traces du détective à Londres...)
- Le Diable vit à Nothing Hill de Rachel Johnson
Challenge RMS Titanic, 0/??? Une lecture faite mais pas encore chroniquée

Organisé par Pauline
Les Fantômes du passé, les condamnés du Titanic, bande dessinée
J'ai l'intention de lire Les Enfants du Titanic d'Elisabeth Navratil ainsi que des ouvrages documentaires.
Challenge Faërie
Organisé par Nastasia sur Livraddict et sur son blog, ce challenge regroupe tous les livres (romans, BD, contes) évoquant des créatures surnaturelles comme les faës ou feys, les fées, les elfes, les farfadets, les leprechauns, les pixies, les hobbits, les gobelins, les trolls, les gnomes, les nains...
Inscrite dans la catégorie Jenks, je lirai cinq livres d'ici le 31 décembre 2013 parmi lesquels :
- Peter Pan, James Barrie
- L'histoire sans fin, Michael Ende
En résumé, quelques avancées ces quinze derniers jours ainsi qu'un nouveau défi ! Encore du bon temps en perspective !
Challenge Faërie

Organisé par Nastasia sur Livraddict et sur son blog, ce challenge regroupe tous les livres (romans, BD, contes) évoquant des créatures surnaturelles comme les faës ou feys, les fées, les elfes, les farfadets, les leprechauns, les pixies, les hobbits, les gobelins, les trolls, les gnomes, les nains...
Inscrite dans la catégorie Jenks, je lirai cinq livres d'ici le 31 décembre 2013 parmi lesquels :
- Peter Pan, James Barrie
- L'histoire sans fin, Michael Ende
Ce sont les idées qui me viennent à l'esprit pour l'instant, en attendant d'allonger la liste...

Les Dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt
Les Dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus appartient au cycle de l'invisible d'Eric-Emmanuel Schmitt, cycle qui s'attache à évoquer les religions et leur influence sur notre quotidien. Ici, l'auteur, toujours par le biais de la fiction, distille les pensées de Confucius, célèbre philosophe de l'antiquité chinoise.
J'ai dévoré ce court roman en une soirée et suis sortie de cette lecture reposée, remotivée et plus légère, comme souvent après la lecture de cet auteur qui privilégie les messages positifs et encourageants.
Le narrateur, un homme d'affaires européen de passage en Chine, fait la connaissance de Madame Ming, dame pipi au Grand Hôtel à Yunhai. Il est aussitôt frappé par l'aura qui émane de cette dame qui semble deviner chacun au premier regard. « L'endroit se muait en un laboratoire d'expérimentation métaphysique et morale où chaque mortel abandonnait l'illusion de la puissance » p.12. Lorsqu'il engage la conversation avec elle, il découvre avec stupéfaction qu'elle a dix enfants ; il suspecte tout de suite la supercherie au pays de l'enfant unique, où la transgression de la règle coûte cher. D'abord méfiant puis moqueur, il ne peut s'empêcher de revenir à elle pour qu'elle continue à décrire ses enfants, personnages hauts en couleurs, originaux, très différents les uns des autres, contrairement aux poupons que Madame Ming a fabriqués à la chaîne pendant des années. « Dans le destin des jouets, je repérais celui des hommes : seule l'imagination, produisant des fictions et forgeant des lieux rêvés, crée des originaux ; sans elle, nous serions proches, trop proches, analogues, aplatis les uns sur les autres dans les bennes de la réalité. » p. 44 Le récit enthousiaste de Madame Ming fait écho aux interrogations profondes du narrateur, jusque-là volage et solitaire : pourquoi ne pas fonder une famille ?
Tout est dit dans le titre, et pourtant, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'existence de ces enfants, si précisément évoqués par Madame Ming. Cela m'a fait penser au film de Tim Burton, Big Fish, dans lequel un jeune homme tourne le dos à son père parce qu'il ne croit pas un mot de toutes les aventures fabuleuses, dignes des contes de fées, qu'il dit avoir vécues. On se rend finalement compte qu'il s'agissait de deux manières d'appréhender la réalité, deux regards différents sur le monde.
« La vérité, c'est juste le mensonge qui nous plaît le plus, non ? »
C'est un roman qui, me semble-t-il, appelle une deuxième lecture, une lecture plus attentive à la recherche des symboles qui ponctuent le récit.
Quelques citations pour finir :
p. 104 « Je ne savais pas que c'était impossible, alors je l'ai fait. »
p. 105 « La vérité, c'est juste le mensonge qui nous plaît le plus, non ? »
p. 95 « La sagesse résidait dans l'invisible, l'invisible qui s'avère éternel à travers ses infinies métamorphoses, tandis que le minéral s'effrite. »
p. 7 « La Chine, c'est un secret plus qu'un pays. »
p. 56 « L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la tient. »
p. 61 « Parfois, il faut ouvrir la porte à la douleur »
Mes lectures en cours
Julie et Julia, Julie Powell
« Fonctionnaire peu motivée le jour, gastronome amateur le soir. Trop vieille pour le théâtre, trop jeune pour avoir des enfants et trop aigrie pour tout le reste, Julie Powell se cherchait un défi. Elle le trouva dans le projet Julie/Julia. Risquant sa vie de couple, son emploi et le bien-être de ses chats, elle a signé pour un contrat insensé. 365 jours. 524 recettes. Une fille dans une minable cuisine de banlieue. Jusqu'où ira-t-elle, nul ne peut le dire... »
Ainsi commence le blog de Julie Powell lorsqu'elle se lance le défi de réaliser en un an l'ensemble des recettes du livre de Julia Child, L'art de la cuisine française publié en 1961.
J'ai suivi avec intérêt les aventures culinaires de cette jeune new-yorkaise de trente ans qui a su tenir ce pari fou contre vents et marées, manque de temps, coupures d'électricité, difficultés pour se procurer les ingrédients... Julie alterne épisodes de sa vie, compte-rendu de recettes et extraits de son blog avec dynamisme et bonne humeur. Quelques lettres évoquant la vie de Julia Child dans les années 1960 ponctuent son récit.
Si j'ai apprécié le style tonique et enthousiaste, les chroniques culinaires parfois hilarantes, la forte personnalité de l'auteur, j'ai beaucoup moins accroché aux nombreuses digressions qui jalonnent le récit sans forcément l'enrichir (la gastro de son mari, la vie sentimentale de sa meilleure amie...). J'aurais préféré que l'auteur se concentre sur l'essentiel, c'est-à-dire la cuisine et son blog. J'avais donc un peu laissé tomber le livre avant de renouer avec lui à l'occasion du challenge Juste pour lire. Une immersion de trois heures m'a permis de me faire à l'univers de Julie et à sa manière de raconter. J'ai été charmée par le film avec Meryl Streep et Amy Adams, j'ai une fois de plus voulu prolonger le plaisir par la lecture du livre. S'il s'est avéré agréable, il ne va pas me laisser un souvenir impérissable et j'ai une nette préférence pour le film.
Bref, j'arrête de critiquer pour me concentrer sur ce qui m'a plu...
J'ai apprécié le décalage culturel ; ce qui nous paraît banal à nous autres frenchies se révèle pour les Américains le comble du raffinement ou au contraire, totalement écœurant (Julie affirme qu'elle n'a jamais mangé d’œufs ; les aspics n'ont apparemment pas bonne presse de l'autre côté de l'Atlantique). La difficulté qu'elle rencontre pour se procurer un os à moelle (expérience que je n'ai jamais faite d'ailleurs!) m'a beaucoup amusée. Je me suis rendu compte que la cuisine française paraissait fascinante et exotique à la fois. « La Sauce Diable est une variante enrichie de la Sauce ragoût, un roux classique qui vous donne l'impression d'être vertueux, équilibré et français. »
Les recettes sont mises en scène comme une petite histoire qui aurait pour personnages principaux les ingrédients, auxquels Julie Powell prête des intentions et des attitudes. J'ai aimé également la franchise de l'auteur, son sens de l'humour et son auto-dérision, lorsqu'elle n'hésite pas à nous faire le compte-rendu de ses catastrophes culinaires :
p. 235 « Je flanquai les tristes restes de mes biscuits dans le four. Quand je leur jetai un coup d’œil douze minutes plus tard, ils étaient sans étonnement aucun, dans un état indescriptible. Le sucre glace avait caramélisé tout autour comme une mare de goudron dans laquelle mes biscuits languissaient, tels des mastodontes échoués. »
Une telle franchise a de quoi réchauffer les cœurs de toutes les cuisinières éplorées comme moi devant un énième dessert raté... Ou encore : « La cuisine évoquait une scène de crime. Le sol était jonché de coquilles d’œufs qui craquaient sous les pas... Invisibles dans l'orifice obscur de la poubelle, et pourtant aussi évidents que des cadavres assassinés recouverts d'une bâche, gisaient les restes mutilés des œufs. Si les traces de jaune strié de mauve qui maculaient les murs avaient été des éclaboussures de sang, un médecin légiste aurait connu une journée mémorable. »
J'ai retenu quelques recettes que j'ai l'intention de tester un de ces jours : gâteau de crêpes salées aux épinards et aux champignons, poulet rôti à la sauce diable et chou-fleur en verdure, charlotte au chocolat avec des biscuits à la cuillère maison. Pourquoi pas ?
A lire donc si on est gourmand et si on a du temps devant soi.
J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune avec Soukee dont voici le billet.
Top Ten Tuesday #11
Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani. Au menu aujourd'hui :
Les 10 livres dont vous n'attendiez pas grand chose mais qui vous ont positivement surpris
Providence, Valérie Tong Cuong : un roman choral sympathique qui met en scène un chassé-croisé entre des personnages différents, réunis par un accident de métro.
Une pièce montée, Blandine Le Callet : un autre roman choral réjouissant qui donne la parole à différents personnages conviés à un mariage (invités, prêtre blasé, futur époux, mariée, couples en crise). Un roman pétillant et féroce à la fois, de loin préférable au film à mon avis.

Hors de moi, Didier Van Cauwelaert : Martin Harris découvre un beau matin qu'un homme a usurpé son identité, allant jusqu'à s'installer chez lui et vivre avec sa femme qui semble trouver tout cela naturel. Un court roman prenant et bien construit.

L'incroyable histoire de Mademoiselle Paradis, Michèle Halberstadt : à la cour de l'impératrice d'Autriche, Mademoiselle Paradis est soignée par un magnétiseur qui lui permet de recouvrer la vue. Un très beau roman d'amour...

La Promesse de l'ange, F. Lenoir et V. Cabesos : un thriller surnaturel se déroulant sur le Mont-Saint-Michel. J'ai passé un très bon moment avec ce roman haletant.

La Double mort de Linda, Patricia Mac-Donald : je lis peu de romans policiers mais celui-ci m'a conquise : pas trop noir, triste juste ce qu'il faut, tout à fait mon genre. J'avoue cependant que d'autres titres du même auteur m'ont déçue (intrigue trop simple, trop prévisible parfois).

Souviens-toi, Mary Higgins Clark : lu il y a quelques années, c'est "le" Mary Higgins Clark que je préfère. Une femme qui a perdu un enfant part se ressourcer au bord de l'océan ; bientôt, elle croit entendre son enfant pleurer et l'appeler la nuit. Rêve ou réalité ?
La série Enola Holmes de Nancy Springer, qui met en scène la petite soeur de Sherlock Holmes. Ces romans retranscrivent bien l'univers de Conan Doyle, quoiqu'en moins trépidant.
Le Poids de l'eau, Anita Shreve, adapté au cinéma il y a quelques années. Ce roman met en parallèle le récit d'un double meurtre parmi des immigrés suédois, et l'enquête, à notre époque, d'une femme écrivain qui cherche à élucider ce crime.
Le Codex oublié, Lev Grossman : le narrateur est chargé par un riche américain de mettre la main sur un livre datant de plusieurs siècles, susceptible de lui nuire. Si le roman souffre de quelques longueurs, j'ai apprécié l'aspect documentaire sur le travail de restauration des livres et l'idée obsédante, depuis Le Nom de la Rose, qu'un livre puisse se révéler dangereux.







